Ceinture Aliment-Terre Liégeoise

Alimentation : un quart des étudiants liégeois déclare avoir un régime particulier

Dans le cadre du festival Nourrir Liège 2018, qui a eu lieu en mars dernier, plusieurs groupes d’étudiants, ont mis en place un questionnaire afin d’identifier les habitudes alimentaires estudiantines. Lors de la journée d’ouverture du festival, chacun était invité à remplir le formulaire mis à disposition et à le faire circuler sur les réseaux sociaux durant la durée du festival. Au final, le nombre de participants atteint les 335 personnes. Merci à eux !

Malgré le fait que l’échantillon ne soit que peu représentatif et majoritairement féminin (80%), il est intéressant de remarquer les tendances qui s’en dégagent, d’autant plus que les étudiants interrogés sont issus de facultés différentes.

A noter

Plus d’un quart des étudiants ont un régime alimentaire spécifique (non omnivore). On relève également que se rendre dans un fast-food représente une pratique mensuelle pour eux et que les pâtes, de par leurs déclinaisons multiples, ont la préférence de ces jeunes consommateurs.

La moitié des personnes interrogées se disent prêtes à changer leurs habitudes alimentaires en consommant des produits plus sains issus d’une production locale. Mais à quel prix ?

Prenons l’exemple des pâtes 

Comme on peut le voir sur l’infographie ci-dessus, le marché des pâtes offre du choix aux étudiants. Malgré un budget serré, on constate qu’ils peuvent choisir de consommer responsable et durable à un coût raisonnable en achetant leur aliment de prédilection.

En effet, on relève que les pâtes bio sous marque distributeur sont seulement entre 15 et 33 centimes plus chères que les pâtes « premier prix » et bien moins chères que les grandes marques italiennes bien connues.
Pour ceux qui peuvent y mettre un peu plus d’argent et opteraient pour des pâtes équitables,  elles sont également plus économiques que les grandes marques.
Enfin, les pâtes de l’entreprise Aldento représentent ici certes les pâtes les plus coûteuses sur le marché mais restent, après réflexion, accessibles à tous. En effet, leur fort taux en protéines (19% pour 100g !) garantit un apport nutritionnel suffisant et ne nécessite pas qu’elles soient accompagnées avec de la viande ou du poisson. Sachant qu’un paquet de pâtes de 500g est consommé au bout de plusieurs repas, elles restent donc tout de même attractives pour des jeunes désireux de changer leurs habitudes alimentaires, en mangeant bio et sans viande.

Les autres informations à retenir…

…concernant les plats favoris des étudiants liégeois

 Les réponses ressortant de cette première partie du questionnaire sont étonnamment variées. On en distingue quatre bien distinctes.

  • Les pâtes trônent en tête du sondage notamment grâce à la variété culinaire que propose cet aliment. Effectivement, les pâtes peuvent être adaptées au goût du consommateur (bolognaise, carbonara, végétarienne, …)
  • Certains étudiants optent pour une alimentation typique de la région : le « boulet » ou le « vol-au-vent » accompagné de frites restent fort présents dans les menus.
  • D’autres sont attirés par des plats de consommation mondiale comme la pizza, les sushis ou encore les burgers.
  • Les plus gourmands ont simplement répondu : « Je n’ai pas vraiment de plats favoris, j’aime juste manger. »

…concernant les habitudes de consommation

 Quelques tendances se dégagent :

  • La plupart des étudiants ont un régime « omnivore ». Le végétarisme arrive en seconde position avec presque 40% des personnes ayant répondu à cette question. Un peu plus d’un quart des étudiants interrogés déclarent avoir un régime alimentaire particulier, regroupé dans la catégorie « Autres » du sondage. Dans cette sous-catégorie, étaient rassemblées des réponses telles que « sans produit laitier », « sans sucre », « pesco-végétarien » (ne mangeant pas de viande mais des produits de la mer). Ce classement est clôturé par le régime sans lactose et le végétalisme.
  • Les étudiants font majoritairement (à hauteur de 60%) leurs courses une fois par semaine. La quasi-unanimité se rendent dans les supermarchés de la grande distribution : Carrefour, Colruyt, Delhaize …
    Un pourcentage non-négligeable (30%) réalise leurs achats dans des commerces de proximité tels que Okay, Carrefour Express … ou encore dans des marchés bio et locaux (Les Petits Producteurs, Ma ferme en ville, Al’binète). Néanmoins, peu d’étudiants utilisent les groupes d’achats communs ou la vente directe chez le producteur.
  • 40% des étudiants sondés allouent entre 20 et 40% de leur budget dans leur alimentation : une part bien plus importante que celle des personnes en vie active (environ 12%). La qualité des produits et le coût de ceux-ci sont les principaux critères d’achat. Les produits locaux et bio passent malheureusement au second plan.
  • La bonne surprise du sondage est qu’aucun étudiant interrogé ne consomme de plats préparés ou de fast-food quotidiennement : la fréquence de cette habitude alimentaire est mensuelle.
  • Autre bonne nouvelle, plus de 80% du panel déclare avoir déjà consommé bio et/ou local. Les motivations renseignées sont la santé, le sort des agriculteurs, la promotion de l’agriculture belge, l’alternative aux supermarchés, l’aspect environnemental, la qualité des produits et le goût.
  • A l’inverse, une donnée préoccupante ressort du sondage : seule la moitié des personnes interrogées connaissent une alternative à la grande distribution en région liégeoise.
  • La moitié des étudiants déclarent vouloir changer prochainement leurs habitudes alimentaires, pour s’orienter vers une nourriture plus saine en diminuant leur consommation de viande et en favorisant l’achat de produits locaux.

…concernant le système alimentaire actuel

Dans cette dernière partie du questionnaire, les étudiants étaient tout d’abord amenés à se demander quel était l’impact de l’élevage industriel sur les émissions mondiales de gaz à effets de serre. Les réponses oscillent entre 0% et 85% ! (la réponse exacte s’élevant à 14,5%)

Les participants ont également éprouvé des difficultés à citer le nombre d’exploitations agricoles familiales qui disparaissent chaque jour dans notre pays ainsi que le nombre d’animaux tués en Belgique sur une année (depuis 1985, la Belgique a perdu en moyenne 43 fermes chaque semaine, soit 6 fermes par jour ; 319 millions d’animaux abattus en 2016 en Belgique).

Néanmoins, de nombreux sondés ont réussi à estimer le rapport entre la quantité de viande produite et la quantité de viande consommée en Belgique (la production  étant deux fois supérieure à la consommation). Les participants sont également parvenus à déterminer approximativement le pourcentage d’eau utilisée à travers le monde pour l’agriculture (s’élevant à 70%).

 

En conclusion, cette enquête donne des perspectives très positives concernant les futures habitudes alimentaires des jeunes à Liège mais pointe aussi un manque d’information des étudiants concernant différentes réalités liées à l’agriculture et aux marchés. Pour y remédier, les actions et évènements de sensibilisation, tel que le festival Nourrir Liège, doivent poursuivre et prendre d’avantage d’ampleur pour accélérer la dynamique positive en cours.

Un grand merci à Démis Pirard et Guillaume Espreux d’avoir élaboré cette enquête !

 

Author: Elisabeth Gruie

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