Je te tutoie, si tu veux bien ? Je me dis entre Liégeois pas de chichi tout ça … Puis bon, l’article est déjà écrit à l’heure où tu le lis donc c’est trop tard ma foi ! Et pour te faire entrer dans le vif du sujet, rien de tel qu’une petite bande-dessinée de type propagandiste (quand c’est pour quelque chose de cool, ça va, non ?) :

Alors, si toi aussi tu es un ou une Jean/ne Bonnevolonté, la Ceinture Aliment-Terre ne peut que t’intéresser, parce que NON, ce n’est pas juste pour les bobo-vegan-bio, et NON, ça ne coûte pas plus cher ! Attends, je vais tout t’expliquer depuis le début.

La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise, ça a commencé fin 2013 quand l’asbl Exposant D a reçu des subsides de la Wallonie pour mener à bien une mission : organiser une filière alimentaire courte et durable à Liège. Un circuit court permet de réduire les intermédiaires, et donc les coûts, mais aussi la pollution engendrée par les différents transports d’aliments, alors que le côté durable s’explique par la promotion d’une agroécologie plus respectueuse de la terre.

Et, à la Ceinture, comme ils sont bien plus chauds que le climat (tu l’as ?), ils se sont fixés pour objectif de « porter la part des produits locaux et sains à 50% du panier de la consommation locale », et ce sur 25 ans ! Un tel défi n’a pas qu’une ambition écologique, c’est aussi social : il s’agit de faire vivre des citoyens — agriculteurs surtout — en leur accordant un revenu juste. Je ne sais pas si tu es au courant mais l’agriculteur moyen est payé une misère et c’est un des métiers où le taux de suicide et de faillite est le plus élevé… alors que c’est littéralement le métier le plus important pour l’humanité, MAIS BON.

Pour y arriver, différents projets : des coopératives (pour la production alimentaire mais aussi pour la vente, plus de détails en-dessous), un festival de sensibilisation (rpz Nourrir Liège, je vais y venir), le projet CRE@FARM, qui consiste à trouver des terrains à taille humaine pour des maraîchers locaux, des cantines durables et un comptoir des ressources productives, qui est basiquement une plateforme d’entraide pour les maraîchers.

Du coup, ça donne plein de possibilités pour les Jean/ne Bonnevolonté  que nous sommes ! Dans le centre, on a comme choix de magasins Le temps Des Cerises — dans le Laveu — et Les Petits Producteurs — en Neuvice et à Sainte-Walburge —, sachant que ce dernier vient d’ouvrir son troisième magasin aux Vennes et compte bien s’étendre un jour à tous les quartiers de la ville. Pour ceux qui n’auraient pas le temps d’aller faire leurs courses ou qui habiteraient trop loin de ces magasins, il y a aussi la solution des paniers de fruits/légumes/plus si affinité proposée par la Bourrache, le Point Ferme, la Coopérative Ardente et Hesbicoop — qui livre dans des contrées lointaines de la province — ; c’est simple, tu commandes en ligne et tu vas chercher ta victuaille à jour fixe dans un point relais près de chez toi ! De nombreux projets sont encore en train de se développer, pour, espérons-le, s’étendre en périphérie, mais en attendant, les Verviétois ont déjà la possibilité d’aller faire leurs courses au Vervicoop, un super — l’adjectif héhé — marché coopératif !

Pour en savoir plus sur toutes ces coopératives et mille autres — on part sur de la binouze j’dis ça j’dis rien —, tu peux aller sur la page « Coopératives » dans l’onglet « Réseau » sur le site de la Ceinture. Pour trouver la carte de tous les points de vente —relais compris évidemment — tu scrolles simplement sur l’accueil jusqu’à ce que tu tombes sur « voir la carte » — bien vu l’aveugle… je dis ça mais je galère chaque fois pour trouver, je dois être un peu teubé à mon avis.

Le festival Nourrir Liège a lieu tous les ans à la fin du mois de mars — c’est bientôt — et propose toutes sortes d’activités de découverte, de débat, et même festives — viens à la soirée au studio 22 ! on sera bien — pendant une semaine et demi, avant de se clôturer cette année sur une parade que rejoindra la marche pour  le climat ! Tu peux retrouver tout le programme ici. L’intérêt de cette sensibilisation sert aussi à informer sur les solutions que la Ceinture présente pour consommer de manière plus consciente, correctement  — perso quand j’ai voulu commencer à manger local et bio avant de connaître la Ceinture, mon premier réflexe a été d’aller sur la Batte … oups, en fait c’est juste les restes de grandes surfaces ; note que l’association sera sur la Batte pendant toute la durée de son festival !

Bon ! Je t’avais dit que je t’expliquerais tout, mais je n’ai toujours pas prouvé que ça ne coûte pas plus cher. Eh ben écoute, c’est pas compliqué : d’une, je t’ai dit, c’est du circuit court donc moins de gens prennent leur part de bénéfice, logique, de deux, les fruits et légumes sont à des prix NORMAUX, donc moins chers que du bio de grande surface et un peu plus chers que du discount, derrière lequel t’as toujours une injustice sociale — économiser 30 centimes ou respecter la vie humaine, choisis — de trois, acheter en vrac te fait faire des économies, c’est bien connu et c’est pas une légende, de quatre, dans ce genre de magasins, on te propose que des produits de saison, donc pas moyen de céder à la tentation d’un produit hors saison plus cher et pourtant insipide, de cinq — purée ma liste est super longue, est-ce que ça voudrait dire que j’ai raison ?! ­— tu y seras également moins poussé à la consommation, et de six, tu te mettras à cuisiner tout toi-même, ce qui coûte moins cher aussi !

Ah ! Misère, on touche ici à un point sensible : le temps que ça prend. Alors, déjà, je tiens à dire que j’incarne littéralement la flemme et pourtant j’ai passé le cap depuis que le dernier LPP (Les petits producteurs pour les intimes) a ouvert dans mon quartier ; en vrai c’est pas si difficile de changer ses habitudes. Je prends mon vélo, et deux fois par semaine je pars m’approvisionner au magasin, la belle affaire. Résultat, tous les dimanches, je prépare — avec l’aide de ma mère quand même, faut pas déconner — le repas du soir et de la soupe pour la semaine ; bim, ça fait 4 à 5 repas de couverts parce qu’il y a toujours des restes ! Pour les jours restants, tu prévois des légumes de saison que tu cuisines avec des pâtes ou du riz et le tour est joué — si tu aimes varier, les magasins proposent des recettes originales et faciles sur leurs sites et parfois même sur place. En fait, faire ses courses là-bas, ça te fait entrer dans un cercle vertueux t’imagines même pas, tu te mets à préparer tes petites carottes pour grignoter entre les repas que t’as rien vu ! Puis j’ai pas abordé le principal, à savoir la qualité des produits : c’est trop booooooooon ! Rien que pour tes papilles gustatives tu devrais te chauffer.

Sinon, j’allais oublier de préciser la nouvelle du siècle : les FRANÇAIS parlent de la Ceinture dans le documentaire « Après demain » et nous prennent en exemple ! Les Français mon gars ! À propos de Belges ! C’est dire ! Ils y expliquent entre autres que 5% de la population de Liège — ça a l’air de rien comme ça mais ça fait quand même 10 000 personnes — se nourrissent déjà bio et local, et que les clients des coopératives avaient jusqu’à doublé après la sortie du film « Demain » — parce qu’il fallait bien qu’ils se mettent en valeur au passage, évidemment — suite à un regain de motivation et/ou une prise de conscience sur leurs habitudes. En fait, on a de la chance d’avoir la Ceinture Aliment-Terre à Liège, parce que l’alimentation bio et locale est loin d’être si facilement accessible dans la plupart des autres villes ! Profitons-en et passons carrément à 100% non ?!

Un article de Mélanie Sigaud et Delphine Spronck

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Sources :

Empreinte écologique des aliments : http://www.bonpourleclimat.org/calcul-empreinte-carbone/?fbclid=IwAR3ue1rdLM-KkOJi6U9ZmPYZYZGh97e5QKIHEJzZVnkgFAfeVQBMpBu9D_Y

Dessins de la bande-dessinée : Charline Jeholet

Schéma agroécologie : https://terre-humanisme.org/agroecologie/agroecologie-philosophie

Suicides chez les agriculteurs  : https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/10/500-suicides-recenses-chez-les-les-agriculteurs-en-3-ans_3493464_3224.html