La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise a rencontré Kim Etienne, jeune maraîcher de 22 ans au « Fond des Pans » dans le village de Deigné (Aywaille).

Nous assistons en effet à l’installation d’un nombre croissant de personnes qui démarrent une activité de maraîchage dans notre belle province de Liège. Parmi eux, une forte proportion de NIMA-culteurs (Non Issu du Monde Agricole) mais très peu de personnes ayant suivi un cursus secondaire en agronomie.  Kim fait partie de ces exceptions et est assurément un des plus jeunes maraîchers de la Province.

Parcours scolaire

Après 6 années d’étude secondaire à l’IPA La Reid, il a réalisé une 7ème année en maraîchage bio.

S’offre alors à lui deux possibilités, soit se mettre à son propre compte ou trouver un emploi comme ouvrier en maraîchage.

En sortant de l’école de la Reid, pas mal d’étudiants s’orientent vers le secteur « Parcs et Jardins » car celui-ci offre plus de débouchés et il est plus aisé se faire embaucher comme employé. Le maraîchage quant à lui fait encore peur de par l’engagement qu’il demande, comme tout travail en tant qu’indépendant.

Production

Kim est maintenant à son compte depuis 3 ans et à entamer la conversion de son exploitation en automne 2019.

Il produit une soixante légumes et plus de 150 variétés différentes. Une belle diversité qui lui permet de ne quasiment pas utiliser de produits phytosanitaires autorisés en bio.

Prix

Suite à l’article de la RTBF qui compare ses prix à ceux du conventionnel bio ou non bio, Kim souhaite réagir car certains amalgames/approximations ont été écrits et ont fait réagir une partie de la profession.

Le comparatif ne porte que sur 2 légumes et 2 fruits. La comparaison est faite entre un petit producteur en passe de devenir bio et de l’agro-industrie conventionnelle ou bio, ce n’est pas clair notamment pour les poireaux.

Ce qui devrait être comparé ce sont les revenus nets perçus par les producteurs car chaque ferme/producteur a des coûts de productions différents, les charges/structures sont également différentes, il est donc très difficile d’établir des comparaisons de prix entre eux.

Acheter du bio/local auprès d’un petit producteur est parfois plus cher mais tout cela dépend du monde de production et du type de produits.

Acheter chez un producteur local, c’est s’adresser à un passionné qui vous explique l’histoire du produit, sa manière de travailler, des idées de recettes, etc. Au final cela permet une meilleure compréhension du produit que l’on consomme.

Ecole

Kim fournit en légumes un jeudi par mois l’Athénée d’Aywaille pour leur « cantine durable ». Cette collaboration lui apporte beaucoup de satisfaction, il aimerait développer ce type d’activité avec d’autres écoles et collectivités. D’ailleurs depuis début janvier il travaille avec les cuisines de la Reid chaque semaine. Quand on évoque la question du prix et de sa juste rémunération, il nous dit que les prix pour les collectivités sont les mêmes que pour la vente aux magasins avec lesquels il collabore.

Productions de plants de légumes

Depuis l’année passée, Kim produit des plants principalement pour les maraîchers mais également pour les particuliers. Une activité très intéressante car la production de plants bio pour professionnels n’existe quasi plus en Province de Liège.

Aide/subsides

Kim n’a pas eu d’aides ou de subsides car il n’en a pas demandé. Il s’était renseigné mais les dossiers lui semblaient trop complexes. Selon lui, pour les petites structures, les démarches à entreprendre pour être subsidié sont fastidieuses et difficiles à suivre, elles coûtent également de l’argent. Tout cela sans être sûr d’obtenir quoi que ce soit car les superficies travaillées sont souvent considérées comme trop petites par les pouvoirs subsidiant.

Idéalement, il souhaiterait des aides moins importantes au niveau des montants mais mieux adaptées aux réalités du maraîchage sur petite surface (exemple : aides Adisa à l’installation, on parle de montant de 70 000 EUR, pour le maraîchage un montant de 20 000 ou 30 000 EUR serait déjà très bien en simplifiant les démarches).

Un rêve pour l’avenir 

Que le métier soit mieux reconnu au vu du travail accompli

Voir la vidéo de la rencontre (NB. la prise de son n’étant pas optimale cela s’en ressent dans l’écoute)